« Notre mobilisation devra être totale » (Bernard Accoyer dans Le Figaro)

bernardaccoyer

Chers Amis,

À la demande de François Fillon, j’ai accepté de devenir le Secrétaire général des Républicains, la première formation politique de France.

J’assumerai cette mission en y consacrant toute l’énergie nécessaire pour répondre à l’immense désir d’alternance manifesté dans les urnes à l’occasion de la Primaire de la droite et du centre.

Les électeurs se sont mobilisés massivement et la majorité d’entre eux se sont retrouvés dans le programme de réformes majeures proposé par François Fillon, dans son analyse de la situation de notre pays, dans l’ambition qui est la sienne pour redresser la France, sur le plan intérieur comme à l’international. Ils adhérent aux valeurs portées dans son projet : le travail, les libertés individuelles, la solidarité, le respect de l’autorité de l’État, le patriotisme…

Rassembler

Notre mobilisation devra être totale. J’y veillerai personnellement avec la nouvelle équipe dirigeante dont vous trouverez la présentation ci-dessous. Cette nouvelle équipe illustre ma priorité : rassembler.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont œuvré à la direction du mouvement jusqu’ici. Je pense particulièrement à Nicolas Sarkozy qui a relancé efficacement notre mouvement en 2014 avec son équipe composée de Laurent Wauquiez, Éric Woerth, Christian Estrosi et bien d’autres, ainsi qu’à Alain Juppé, qui en a été le fondateur à la demande de Jacques Chirac en 2002.

Objectif : élection présidentielle

Le temps de la campagne présidentielle s’est ouvert dès lundi matin. Notre candidat est à nouveau sur le terrain pour détailler son programme, pour en faire la pédagogie et pour l’enrichir dans les innombrables échanges qu’il va continuer à avoir partout en France.

Le succès de cette primaire n’est qu’une étape. Le chemin pour obtenir la victoire à la présidentielle est encore long. Notre parti va décupler l’action de notre candidat, grâce à vous, grâce à nos permanents, à travers nos 108 fédérations, nos centaines de cadres, nos centaines de milliers de militants et nos millions de sympathisants. Charge à nous de convaincre encore et encore.

Les Français attendent désormais un engagement sans faille de notre part pour permettre cette alternance et le redressement de notre pays.

Je mettrai tout ce que j’ai appris dans ma vie personnelle, professionnelle et politique, toute ma force de travail, au service de notre candidat, François Fillon, de son projet et de notre ambition commune pour la France.
Avec mon amical dévouement,

Bernard Accoyer,
Secrétaire Général des Républicains

 

Découvrez également :

– Le nouvel organigramme de notre parti avec le nouveau Secrétariat général, le comité politique présidé par Gérard Larcher et les vice-présidents : cliquez ici

– La réaction de Bernard Accoyer à l’annonce de François Hollande de ne pas briguer de second mandat : « le pouvoir socialiste aura manqué à tous ses devoirs » : cliquez ici

– L’interview de Bernard Accoyer dans Le Figaro de ce vendredi 2 décembre 2016 :

Cliquez ici pour lire l’interview en intégralité

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« Le devoir de nous rassembler » – François FILLON

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Chers Amis,
Avec ces primaires, nous avons créé l’évènement dans tous les sens du terme :

Nous avons d’abord réussi notre pari démocratique en suscitant un véritable engouement des électeurs de la droite et du centre.

Certains doutaient que nous puissions réussir ce pari…

C’était oublier l’immense besoin de nos électeurs de participer, d’affirmer leurs valeurs et de mettre un terme à ce quinquennat pathétique.

Avec 4 millions d’électeurs et le double de téléspectateurs intéressés par nos débats, nous avons donné une belle image de notre parti.

Le fossé entre la politique et les Français est immense : nous avons fait un premier pas pour le combler.

Au passage, cette vague démocratique est une bonne leçon pour la gauche et pour la firme Le Pen qui parle du peuple sans jamais lui donner la parole.

Tous les observateurs espéraient une élection aux couteaux. Nous avons su gérer cette compétition avec responsabilité et dignité.

J’ai eu l’occasion de saluer l’attitude impeccable de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé, et j’ai pu compter sur le soutien carré de Bruno Le Maire.

Personne n’a démérité, personne n’a dérapé, personne n’est à mes yeux coupable d’avoir choisi son candidat. A cet égard, nous avons tous gagnés aux yeux des Français.

De fait, mes amis, nous avons enclenché une dynamique puissante.

Cette victoire me donne des devoirs, le 1er d’entre eux c’est de rassembler.

Quel que fût votre vote dans ces primaires, mon adage est simple : on est maintenant tous ensemble. Je vais aller au front et je vous demande de faire bloc.

Mon but est nous mener à la victoire aux présidentielles et aux législatives. Je vais tout donner et j’attends que vous vous donniez à fond.

Aprés cette primaire, il était naturel d’ajuster les instances dirigeantes de notre parti. J’ai eu soin de faire les choses avec efficacité et amitié car tout le monde sera utile dans les mois et les années à venir.

Les défis restent nombreux mais ensemble nous irons loin. Rien n’arrête un peuple qui se dresse pour son avenir.
Très fidèlement,

François Fillon,

 


Candidat de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017
Découvrez la déclaration de notre nouveau Secrétaire Général, Bernard Accoyer, à l’issue du Bureau Politique de ce jour :

Cliquez ici pour lire la déclaration

Découvrez également la déclaration de Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon :

Cliquez ici pour voir la déclaration

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« Notre renaissance sera l’œuvre de tous », 27 novembre 2016

 

Mesdames messieurs, mes amis,

La primaire de la droite et du centre est close et les électeurs doivent être salués pour s’être emparés massivement et librement de ce rendez-vous démocratique.

La victoire me revient ; c’est une victoire de fond bâtie sur des convictions.
Depuis 3 ans, je trace ma route, à l’écoute des Français, avec mon projet, avec mes valeurs, et progressivement, j’ai senti cette vague qui a brisé tous les scénarios écrits d’avance.

Ma démarche a été comprise : la France ne supporte pas son décrochage. Elle veut la vérité et elle veut des actes.
Ce quinquennat qui s’achève a été pathétique. Il va falloir y mettre un terme, et repartir de l’avant comme jamais nous ne l’avons fait depuis 30 ans.

Pour cela, j’aurai besoin de tout le monde.
Ce soir, j’ai une pensée particulière pour Nicolas Sarkozy
J’adresse à Alain Juppé un message d’amitié, d’estime, de respect.
Alain est un homme d’État et il le reste.
Aucun candidat n’a démérité. Cette primaire fut digne.
Pas un électeur ne doit se sentir humilié ou mis à l’écart.
Ce qui nous unit est plus important que ce qui nous distingue. Voilà pourquoi, je tends la main à tous ceux qui veulent servir notre pays.

Mon succès, je le mets en partage.
Je le dois à mes équipes, à mes soutiens, à tous les bénévoles qui furent admirables de dévouement.
Ce succès, je le dois à ces milliers de Français que j’ai rencontrés et qui m’ont nourri de leur révolte, de leurs idées, de leurs espoirs.
Je me suis senti porté par leur désir de liberté et de réussite.
Il y a dans notre pays un immense besoin de respect et de fierté.
Il y a aussi un appel à l’autorité de l’Etat et à l’exemplarité de ceux qui le dirigent.
Les électeurs de la droite et du centre ont trouvé dans ma démarche les valeurs françaises auxquelles ils sont attachés.
Ces valeurs, je les défendrai et nous les partagerons avec tous ceux qui, dans leurs différences, aiment la France. Personne ne devra se sentir exclu d’une société que je veux plus juste et plus solidaire.

Notre renaissance sera l’œuvre de tous.

Elle viendra de notre volonté de nous battre ensemble pour le bien commun et pour que nos enfants soient heureux d’être Français.

Je sais les défis, mais je suis porté par la confiance que fait naître en moi cette incroyable aventure d’un pays qui par son travail et sa bravoure a réussi à se placer parmi les cinq plus grandes puissances du monde.
L’avenir nous attend, et nous avons en mains tous les atouts pour être une Nation souveraine et moderne, en tête de l’Europe.

Dès demain, l’essentiel commence !

J’ai maintenant le devoir de convaincre tout un pays que notre projet est le seul qui puisse nous hisser vers le haut, pour l’emploi, pour la croissance, pour battre ces fanatiques qui nous ont déclaré la guerre.
J’ai le devoir de redonner confiance aux Françaises et aux Français.
J’en suis certain, ils sont des millions prêts à s’élancer.
Je ne vois dans leurs yeux, ni lâcheté, ni résignation, mais une force qui attend son heure, et cette force sera extraordinaire si nous la guidons vers des changements inédits.
J’ai le devoir de vaincre l’immobilisme et la démagogie.
La gauche, c’est l’échec ; l’extrême droite, c’est la faillite.
Je parle de vaincre ces partis politiques, pas de vaincre ces Français déçus, ces électeurs qui ne sont pas aujourd’hui des nôtres mais qu’il me revient aussi d’entrainer vers l’avenir.

François Hollande a abaissé la fonction présidentielle : il faudra la restaurer.

Si le peuple français me fait confiance, j’aurai le devoir de respecter le contrat noué avec lui et de tenir ma charge avec dignité.

Je mesure la gravité de la situation et les attentes des mes compatriotes.
Je vais aller à leur rencontre tout au long des prochains mois.
Je relèverai avec eux un défi original en France : celui de la vérité et celui d’un changement de logiciel complet.
Je donne rendez-vous à tous ceux qui savent que le bonheur est une conquête.
Je donne rendez-vous à tous ceux qui ont dans le cœur la fierté d’être français.

Mon ambition est de hisser la nation vers le meilleur d’elle-même, et je vous le certifie, si en 2017 nous prenons fermement les choses en main, notre pays ira loin car rien n’arrête un peuple qui se dresse pour son avenir.

Avec ces primaires, une espérance est née.
Ma mission est de la faire grandir pour la France et pour la République.

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Résultat du 2ème tour des Primaires à La Colle-sur-Loup (scrutin du 27 novembre 2016)

Dans l’attente des résultats définitifs au plan national, le comité de soutien et d’actions de François FILLON de La Colle-sur-Loup et de Saint-Paul vous communique les résultats obtenus à La Colle-sur-Loup.

Les résultats de Saint-Paul vous seront communiqués dès réception.

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Un grand merci à tous les électeurs de La Colle-sur-Loup qui se sont déplacés au profit d’un vote pour François FILLON.

Les actions menées et la mobilisation de l’électorat local ont été à nouveau très fructueuses.

A très bientôt pour la suite de l’actualité.

Remerciements.

Le comité.

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Discours du grand rassemblement Porte de Versailles

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Mes amis, de Paris, de toutes nos régions, de métropole et d’outre-mer, mes très chers amis, je salue votre union, je salue votre force, et je salue votre incroyable mobilisation.

Il y a 3 ans, lorsque j’ai commencé mon tour de France j’étais seul, et ce soir vous êtes 10.000.

10.000 pour mettre avec moi un dernier coup d’accélérateur à cette campagne dont l’issue est dans vos mains.

Il y a dix jours, j’évoquais le souffle de fraîcheur qui traversait les couloirs de la primaire… Mon baromètre était imprécis : ce fut une tornade.

Quatre millions de Français ont participé à ce scrutin, et, ce faisant, ils ont donné à tous nos concitoyens une belle image de la droite et du centre et de la Politique.

Quatre millions de citoyens ont fait fi des prédictions qui disaient ce scrutin verrouillé d’avance.

Quatre millions de consciences, éprises de liberté, ont planté leurs convictions dans cette élection et 2 millions d’entre-elles se sont portées sur moi.

Aujourd’hui, cette vague populaire demande qu’on la respecte !

Elle a accompli quelque chose de grand en allant massivement voter. Elle ne mérite pas les sarcasmes.

Elle a dit au parti des sachants et à la fabrique des scénarios écrits d’avance que ses candidats n’étaient pas les siens.

Elle a brisé en mille morceaux la boule de cristal des « milieux bien informés ».

Elle a montré ce qu’était la France !

Dès lundi, le microcosme s’est rebiffé, épaulé par les vieux bombardiers socialistes et quelques artificiers de chez nous.

Tout ce beau monde vous a désignés comme des conservateurs obtus, des réactionnaires, des nostalgiques d’une « France moisie » …

Les révélations ont fleuri.

Il y a deux mois, mon projet était considéré par tous comme l’un des plus aboutis. Le voici devenu « impossible ».

Il y a une semaine, j’étais vu comme un réformateur, me voici qualifié « d’ultra-libéral et de destructeur ».

30 ans que je suis gaulliste, me voici soudainement devenu « l’ami des extrémistes » et le « croquemitaine réactionnaire » !

Remarquez, rien de nouveau sous le ciel : on accusait bien De Gaulle d’être un dictateur en puissance.

Tout cela, mes amis, ne m’impressionne guère et vous non plus. Tout ceci n’aurait aucune importance si ce tir de barrage ne révélait le sectarisme de ceux qui tiennent le haut du pavé.

Je les ignore, je trace ma route avec mon projet et mes valeurs, et n’en déplaise aux caricaturistes, je ne marche pas à l’ombre.

Quel que fut votre vote, vous avez tous gagné le 1er tour de cette primaire.

Car combien de fois nous a-t-on dit que cette procédure démocratique n’était pas dans nos traditions ? Combien de fois ai-je entendu qu’il valait mieux choisir notre candidat dans les coulisses de la politique ? Que le temps de la parole politique était révolu ? Que le résultat ne serait pas significatif ?

Mais voilà : les Français savent qu’ils ont leur place à la table de la démocratie !

Quand on veut les dissuader de s’y asseoir – tonnerre de Brest ! – ils y viennent en nombre !

Certains l’ont oublié : vous êtes un peuple libre et rien n’arrête un peuple qui se lève pour dire ce qu’il a sur le cœur.

Merci à vous, Républicains de droite et du centre, d’avoir enclenché une dynamique !

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Merci aux élus de Paris et d’ailleurs, merci aux parlementaires, merci aux militants, sympathisants, bénévoles.

Merci à celles et ceux qui rejoignent notre démarche, à l’heure du second tour.

La règle des primaires est connue : au 1er tour on choisit, au second tour on choisit encore plus… mais on se rassemble, sans calcul et sans amertume.

A l’heure où Nicolas Sarkozy se retire avec élégance, je lui témoigne à nouveau mon respect et je reçois son soutien avec reconnaissance.

Nous sommes de la même famille politique et j’aurai besoin de tout monde.

Cette primaire s’achève et je vois bien que les esprits s’échauffent… Chacun doit conserver son calme.

Hier soir le débat télévisé fut de bonne tenue. J’ai de l’estime pour Alain Juppé. Il n’est pas mon adversaire, c’est mon concurrent. Il n’est pas mon ennemi, mon ennemi c’est le déclin de la France.

Dimanche, une première manche s’est jouée. Mais rien n’est acquis.

Je n’accorde pas plus de crédit à ceux qui me donnent gagnant par avance qu’à ceux qui me donnaient battu, il y a trois semaines…

Continuer la lecture de « Discours du grand rassemblement Porte de Versailles »

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Le Grand Débat : les interventions de François Fillon

« Ce débat ne doit pas être celui de la division. »

« Avec mon projet, les Français se diront : pour la première fois depuis trente ans, quelque chose a vraiment changé. »

« Tous ces experts, cette pensée unique, qui se mobilisent dès qu’on veut changer quelque-chose, eux vivent assez bien du système. »

« L’augmentation du temps de travail doit concerner l’ensemble des Français, salariés du privé et fonctionnaires. »

« Je ne veux plus que notre économie passe entièrement entre les mains du Qatar et des fonds de pension américains. »

« Je ne toucherai à rien sur la loi Veil. Le procès qui m’a été fait ces derniers jours n’est pas correct. »

« Je veux que les étrangers qui viennent s’installer dans notre pays s’assimilent et respectent notre héritage culturel. »

« La politique menée depuis quatre ans a échoué. Il faut discuter avec la Russie et l’Iran pour bâtir une coalition mondiale. »

« Dimanche, j’invite tous les Français qui veulent participer à cette primaire à être les acteurs de cette force qui avance. »

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« Je garde mon cap », dans le Figaro

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LE FIGARO. – Avez-vous des doutes sur votre victoire dimanche?

François FILLON. –Il y avait 5000 personnes au meeting de Lyon. Nous en attendons 10.000 à Paris. Je garde mon cap et la tête froide, mais, à l’évidence, une dynamique puissante est enclenchée.

Si le ton se durcit encore lors du débat de ce soir, comment rassemblerez-vous les juppéistes?

Seul un petit nombre de personnes bascule dans des attaques médiocres. Cela ne m’impressionne pas. L’immense majorité des élus qui soutient Alain Juppé se rassemblera au lendemain de la primaire parce qu’elle a le sens de l’intérêt général.

Y a-t-il selon vous un «tout sauf Fillon»?

Il y a un «tout sauf Fillon» dans le microcosme. Pour ce microcosme, je n’avais aucune chance il y a un mois. Il n’a pas vu arriver le succès du premier tour de la primaire. Il trouve insupportable d’être démenti et continue à ignorer le peuple français qui s’est librement exprimé.

La mobilisation du PS peut-elle jouer contre vous?

À part quelques militants très engagés, je vois mal les militants de gauche se mobiliser en masse contre ma candidature. Si c’était le cas, ils seraient de toute façon débordés par les Français qui votent selon leurs convictions profondes.

Comment allez-vous faire pour que la mobilisation ne faiblisse pas au second tour?

L’affluence au premier tour a stupéfié tout le monde. À travers la primaire, c’est la présidentielle qui se joue: nous devons donner le signe que nous sommes plus forts et plus entraînants que la gauche. Déterminés à hisser ensemble la France vers le haut. Donc il faut continuer.

Selon Gérald Darmanin, les classes populaires n’ont pas voté au premier tour de la primaire. La suppression de l’ISF n’est-elle pas un repoussoir?

La première des priorités pour les classes populaires, mais aussi moyennes, c’est du travail, de l’autorité et de l’éducation pour les enfants. C’est ma réponse à leur scepticisme. Je veux leur parler de façon responsable: mieux vaut supprimer l’ISF que de voir des pans entiers de l’économie française partir entre les mains des fonds de pensions américains ou d’investisseurs du Golfe pour préserver un tabou, un marqueur d’une gauche qui a totalement échoué à redresser l’économie du pays. Il faut des investisseurs français pour s’attaquer à la fracture sociale et donner du travail à tout le monde.

Vous avez de bons rapports personnels avec François Bayrou. Pourriez-vous amender votre projet pour le convaincre de ne pas se représenter?

Amender mon projet, certainement pas! Je suis candidat pour redresser le pays. Pour cela, il faut un programme puissant. Je connais bien François Bayrou, avec lequel j’ai des relations anciennes, réfléchies et courtoises, et je suis confiant: on peut être d’accord pour reconnaître que la division serait mortelle pour nous tous et pour la France.

Êtes-vous prêt à négocier des investitures aux législatives avec les centristes?

Il n’a jamais été question d’exclure les centristes de la majorité. Ils y auront toute leur place, mais cette discussion sera conduite après la primaire. Il y aura une marge de négociation en fonction de leur adhésion à mon projet. C’est l’union autour du projet qui fait les alliances solides.

Quel est pour vous l’adversaire idéal à gauche?

Si je gagne la primaire, je combattrai le candidat que la gauche se donnera.

Que pensez-vous de la candidature d’Emmanuel Macron? 

Pour l’instant, je n’ai pas vu le début du commencement d’un programme chez Emmanuel Macron. Je vous dirai ce que j’en pense le jour où il en aura un.

Quel discours tiendriez-vous en 2017 si vous vous retrouviez face à Marine Le Pen?

La présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle n’est pas une fatalité. Mais si nous nous retrouvons dans cette configuration, je ne changerai pas de programme, ni de discours, ni de méthode. J’ai un projet carré, capable de redresser le pays.

Alain Juppé juge votre projet «brutal». Que lui répondez-vous?

Ce qui est brutal aujourd’hui, c’est le chômage, c’est l’exclusion du marché du travail. C’est l’insécurité, c’est la pauvreté en hausse, ce sont les fins de mois difficiles, ce sont les attentats terroristes contre notre pays. Il ne faut pas se tromper de sujet, ni de vocabulaire.

Il dit aussi que votre projet est «droite-droite». Le prenez-vous comme un compliment?

Je ne sais pas ce que cela signifie. C’est typiquement une formule qu’utiliserait la gauche. Je suis gaulliste, de droite, voilà tout. Il n’y a aucune raison de marcher à l’ombre.

Les syndicats vous critiquent déjà. Que leur répondez-vous?

Ont-ils un projet pour redresser la France? Chacun doit être dans son rôle. Moi je suis dans la démocratie politique, qui a pour but de donner un cap à notre pays et une autorité à nos institutions. Les syndicats sont dans la démocratie sociale et j’espère qu’ils seront constructifs. Si j’ai la confiance des Français et si mon projet est validé par le peuple, je ne céderai pas aux intimidations. Je suis pour le dialogue, pas pour le recul de la responsabilité politique.

Alain Juppé veut recourir aux ordonnances pour limiter les blocages. Y êtes-vous favorable?

Sur certains sujets, comme les normes européennes qui pèsent sur l’agriculture française, oui. Mais ce n’est pas un remède miracle. Il y a des cas où les ordonnances sont plus longues à adopter que la loi elle-même. Je veux préparer des projets de loi en amont de manière à pouvoir les faire adopter dès l’été 2017, sur la réforme des 35 heures et la fiscalité par exemple.

Votre concurrent présente la proposition de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires comme la preuve que votre projet est «irréaliste». Que lui répondez-vous?

C’est une caricature qui en dit long sur l’état d’esprit d’une partie des élites françaises, des experts qui veulent maintenir à tout prix un système qui génère chômage et dette. On ne peut pas continuer à supporter une dépense publique aussi élevée. Chaque année, il y a 240 000 agents qui quittent la fonction publique, soit 1,2 million de personnes sur la durée du quinquennat. En ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux dans les trois fonctions publiques, mon objectif est atteint. On doit aussi revoir le périmètre de l’action de l’État.

Comment voulez-vous faire passer les fonctionnaires aux 39 heures?

Les 35 heures ont été un désastre pour la France, en raison de la perte de compétitivité de l’économie, et du coût pour les budgets publics. Elles ont dégradé les conditions de travail dans certains secteurs, notamment la santé. Comment imaginer – c’est une des critiques principales que je fais à Alain Juppé – sortir des 35 heures en maintenant 5,5 millions de fonctionnaires à 35, voire 32 heures pour certains? Il faut que l’ensemble du pays passe progressivement aux 39 heures, avec un partage des gains de productivité entre les agents et la puissance publique. La compensation sera partiellement salariale, mais elle se fera aussi en termes de perspectives de carrière.

Alain Juppé propose de rétablir deux jours de carence pour les fonctionnaires et vous, un seul. Manqueriez-vous d’audace?

Deux jours, quelle «brutalité»! Plus sérieusement, ce serait déjà bien qu’on en rétablisse un pour commencer.

Vos propos sur l’avortement ont fait polémique. Restreindriez-vous l’accès à l’IVG si vous étiez élu?

Je n’ai jamais mis en cause le droit à l’avortement et je ne le ferai jamais. Ce sont mes adversaires qui ont déclenché cette polémique. C’est une campagne mensongère qui n’est pas digne de cette primaire. Je suis parlementaire depuis trente ans. Ai-je émis la moindre volonté de revenir sur l’IVG? C’est un procès absurde.

Quelles sont précisément les modifications que vous voulez apporter au mariage pour tous?

Je veux modifier les règles de la filiation, mais pour tout le monde. Je ne veux pas remettre en cause le mariage pour tous, ni l’adoption pour les couples homosexuels. Je veux simplement que l’on inscrive dans la loi qu’un enfant est toujours le fruit d’un homme et d’une femme et que cette filiation ne s’efface pas. Dans la plupart des pays européens, il y a un droit de l’enfant à connaître sa filiation biologique, quelle que soit sa situation familiale. Pourquoi serions-nous les seuls à ne pas le faire? La filiation ne s’efface pas. Cela a effectivement des conséquences sur l’adoption, sur la PMA. Je veux strictement la réserver aux couples hétérosexuels qui y recourent pour des raisons médicales, et cela motive le combat que je compte livrer contre les mères porteuses et la gestation pour autrui.

Êtes-vous opposé à l’adoption par des couples homosexuels ou par des célibataires?

Non, mais je sais que les listes d’attente sont déjà immenses pour les couples hétérosexuels et que les pays étrangers se ferment à l’adoption. Mais je ne doute pas de la capacité d’affection des célibataires ou des couples homosexuels et, à mon sens, il vaut toujours mieux un enfant adopté et aimé qu’un enfant abandonné.

Vous ne croyez pas à «l’identité heureuse»…

Aujourd’hui, la France doute de son identité. C’est incontestable. Je crois avoir compris que «l’identité heureuse» était pour Alain Juppé un objectif et je ne veux pas lui faire de procès en angélisme. Mais ma conviction, c’est que les Français sont loin de ressentir cette identité heureuse. Au contraire, ils sont angoissés à l’idée de voir leur âme disparaître dans la mondialisation. Nous devons affirmer nos racines, assumer pleinement notre histoire pour ce qu’elle est, moderniser un modèle français qui nous redonne de la fierté. Et ce modèle passe par le plein-emploi et la possibilité de réussir sa vie, par une souveraineté nationale affirmée et par l’indépendance de notre politique étrangère.

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« Alain Juppé a un programme qui me semble décalé » dans Le Parisien

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Êtes vous étonné par l’ampleur de ce résultat ?

FRANCOIS FILLON. Je sentais depuis plusieurs jours que la dynamique était très puissante autour de moi. Je n’ai donc pas été vraiment surpris par le résultat. Mais je ne me laisse pas emporter par les vivas et les pronostics de ceux qui m’enterraient il y a deux mois. Je trace mon sillon.

Comment expliquez-vous cette incroyable dynamique de fin de campagne ?

J’ai fait une campagne en phase avec les attentes des français. Les sondages qui prédisaient un duel Juppé-Sarkozy étaient artificiels. Pendant des mois j’ai été effacé par ce duel. A la minute où la campagne a commencé, où les débats ont commencé, les Français se sont rendus compte qu’il y avait un autre candidat, avec un projet cohérent.

Vous avez douté ?

Il y a eu des doutes autour de moi. Moi jamais. Pour une raison simple : le terrain. C’est peut-être ce qui a manqué à certains de mes concurrents.

Juppé attaque votre programme, « pas crédible, trop libéral »… Que lui répondez vous ?

Quand j’étais à 10% dans les sondages, tous les commentateurs, y compris lui-même, disaient que mon programme était excellent. Maintenant que je suis à 44% il est, parait-il, « infaisable ». Le scepticisme d’Alain Juppé révèle ses hésitations à agir fort. Ses critiques justifient ma candidature.  Son programme me semble décalé par rapport au centre de gravité de la droite.  Je lui réponds que si on n’accepte pas de prendre des mesures radicales, la situation du pays continuera à se dégrader.

Mais vos mesures très libérales ne risquent-elles pas de mettre les Français dans la rue ?

Mais c’est le statu quo qui rend les Français furieux ! On confond la colère de certaines organisations syndicales avec la colère de la rue. Je suis attentif au dialogue social, mais je ne me laisserai pas impressionner par un certain nombre de corporatismes. Je suis décidé à mettre en œuvre le projet que les Français attendent.

Alain Juppé se pose en rassembleur et donc, comme meilleur rempart face à Marine Le Pen…

Le plus rassembleur fait 28%, je fais 44%…. Je pense au contraire que pour éviter que les extrémistes accèdent au pouvoir il faut des résultats par des changements réels et rapides.

Vous pensez que François Bayrou peut-être candidat ?

Je ne vais pas faire de pronostic. Il souhaite le redressement du pays. Il sait que cela ne passe ni par la gauche ni par le FN, il faut donc essayer d’éviter la division. J’ai toujours entretenu des relations cordiales avec lui.

Sens Commun (NDLR : l’émanation politique de la Manif Pour Tous) s’est mobilisé pour vous. Cela a eu un impact?

Ca a joué. Sens Commun représente un nombre important de français qui ont le sentiment que les valeurs de la famille ne sont pas assez défendues. Ils ont choisi de me soutenir – tout en ayant des désaccords avec moi. Je n’ai rien modifié dans mon programme et eux n’ont pas enterré leurs convictions. J’avance avec tous ceux qui veulent redresser notre pays.

Qu avez vous pensez de la sortie de Nicolas Sarkozy, dimanche soir après sa défaite  ?

J’ai trouvé qu’il avait été très élégant et que c’était une sortie digne.

Son soutien vous a-t-il surpris ?

Même si nous avons eu des désaccords, le fait que sa ligne politique soit plus proche de la mienne que celle d’Alain Juppé était assez évident. Nous sommes en résonnance sur le diagnostic du pays et sur le centre de gravité de la droite française qui attend de la liberté et de l’autorité.

A posteriori, vous regrettez votre propos contre lui, fin août, quand vous aviez demandé si on avait imaginé le général de Gaulle mis en examen  ?

Je ne regrette jamais rien. Je regarde devant. Et je maintiens que cette question de l’exemplarité des responsables publics est centrale.

A quoi va ressembler cette dernière ligne droite ?

Dans la continuité de ma campagne avant le premier tour. Il n’y a plus qu’un seul concurrent, ça sera projet contre projet, détermination contre détermination. Je sens la poussée des Français, mais je suis prudent, une élection n’est jamais gagnée.

Finalement, c’est quoi le style Fillon ? L’anti-Hollande ? L’anti-Sarkozy ?

C’est ni Sarkozy, ni Hollande,  (rire). Le vote Fillon, c’est un vote de vérité et de fond. Je ne suis pas plastique comme Mr Hollande. Si j’avais voulu construire une image, les gens s’en seraient aperçus.

Votre prestation dans l’émission « Ambition intime », de Karine Lemarchand, a-t-elle joué en votre faveur  ?

Incontestablement. Si j’en juge par le nombre de réactions, c’était énorme. J’ai regretté l’anecdote sur les pâtes aux saucisses qu’il m’arrive de cuisiner le soir en famille… Cela a donné l’impression que mon niveau culinaire était très bas (rires). Les téléspectateurs ont en tout cas découvert que j’avais d’autres passions dans la vie que la politique. Je pense que cet équilibre est une qualité. Je ne suis pas dévoré par l’obsession du pouvoir.

Vous avez eu Alain Juppé au téléphone ?

Oui, il m’a appelé ce matin pour me féliciter. La semaine dernière, à la pause du deuxième débat, il m’a dit : quand est-ce qu’on se voit, qu’on se parle. Je lui ai dit : jeudi prochain, lors du débat du second tour.

Il a réagi comment ?

Il m’a répondu : au moins, ça sera courtois. Mais je pense qu’il n’y croyait qu’à moitié (rire).

François Hollande sera candidat ?

J’ai tendance à penser que oui. Pour qu’il ne soit pas candidat, il faudrait que les socialistes réussissent à trouver une vraie alternative qui les rassemble. C’est compliqué… Ca n’est est pas Macron, ni Valls, qui vont rassembler les socialistes.

Avez vous digéré  le ralliement de Valérie Pécresse à Alain Juppé dans la dernière ligne droite, alors qu’elle était jusqu’à présent un de vos soutiens ?

Ca n’est jamais agréable de voir quelqu’un que vous avez soutenu changer de camp. D’autant que ces arguments étaient discutables. En même temps… c’est la vie politique.

Et Xavier Bertrand, il va officiellement vous soutenir ?
On s’est parlé souvent ces dernières semaines, et je le soupçonne d’avoir voté pour moi (sourire). Je respecte son indépendance et sa liberté, il respecte la mienne.

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